Le LEGS, première UMR interdisciplinaire dédiée aux études de genre et de sexualité

Créée en 2014 à l’initiative de l’INSHS, sur proposition de l’université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, et avec l’université Paris Nanterre, l’unité a entamé sa carrière institutionnelle au 1er janvier 2015.

Les études de genre ne sont pas une discipline mais un vaste champ de recherche. La question des constructions « genrées » et des rapports de sexe concerne d’une manière ou d’une autre l’ensemble des pratiques sociales et symboliques, publiques et privées, collectives et individuelles. Afficher plus

 

Actualités

Quatrième conférence internationale du réseau Lectures féministes / Feminist Readings du 12 au 16 avril 2021

Le réseau Lectures féministes / Feminist Readings organise sa quatrième conférence internationale (principalement in English) en ligne, du 12 au 16 avril 2021.

Pour le programme et l’inscription, rendez-vous sur le site du colloque

Journée d’étude Monique Wittig

Le LEGS co-organise en collaboration avec le laboratoire PoliTeSse de l’Université de Vérone le séminaire « Il sesso come categoria politica da distruggere. Attualità e radicalità della teoria scrittura lesbica di Monique Wittig » (Le sexe comme catégorie politique à détruire. Actualité et radicalité de la théorie et de l’écriture lesbienne de Monique Wittig) le 12 avril 2021 de 15h30 à 19h (en langue italienne et anglaise).

Interventions de : Sara Garbagnoli (PoliTeSse, LEGS), Ilana Eloit (Università di Losanna e LEGS), Catherine Ecarnot (Ricercatrice indipendente), Nadia Setti (Università di Parigi 8, LEGS), Eva Feole (IHRIM). Introduction par Irene Villa (PoliTeSse) et Suzette Robichon (Les ami.es de Monique Wittig).
Les principaux aspects de la pensée de la théoricienne féministe y seront discutés : du sexe comme catégorie politique à détruire au langage comme arme à double tranchant, des textes littéraires minoritaires comme machines de guerre au lesbianisme comme horizon politique et existentiel au-delà des catégories de sexe.  Une occasion de réaffirmer la radicalité et l’actualité d’une pensée et d’une écriture qui produisent une analyse implacable du régime politique hétérosexuel et invitent à en concevoir la destruction.

Pour suivre le séminaire connectez-vous au lien suivant

Conférence de Jennifer Boum Make, professeure associée à Georgetown University, le jeudi 1er avril 2021 de 18h30 à 20h30

Dans le cadre du séminaire du Collège International de Philososphie co-animé par Fabienne Brugère et Caroline Ibos

Voix de femmes, passé colonial et la possibilité du carevers une formulation de mémoires et de récits collectifs apaisés

Jennifer Boum Make, Georgetown University

La mémoire est une geôle. 

Là les temps sont abolis. 

Là, les morts et les vivants sont ensemble.

Là, les existences se réinventent à l’infini.

-Gisèle Pineau, Mes quatre femmes (2007)

Dans son ouvrage, Femmes des Antilles : traces et voix (1998), Gisèle Pineau nous replonge dans le moment initial de la déportation des femmes (parmi d’autres) depuis l’Afrique colonisée jusque la Caraïbe des plantations. Ces femmes, que Pineau surnomme tour à tour « femmes déchues », « femmes ventres », « femmes ogresses », ont vécu l’exil forcé, et dans la distribution coloniale des voix, les leurs ne sont bien souvent que murmures, voix étouffées sous l’effet de la double domination masculine et coloniale. Les réalités des femmes déportées, déjà profondément marquées par la rupture historique et mémorielle provoquée par la traite négrière et l’esclavage, sont donc bien souvent cachées, enfouies, constituant ainsi des non-dits dans les mémoires coloniales. 

L’hypothèse qui inspire cette communication consistera à interroger l’éthique du care comme le lieu (intégrant l’immatériel et le matériel) d’où l’accueil, l’écoute, et l’étude des mémoires (ici coloniales) peuvent prendre ancrage. En somme, nous nous attacherons à questionner la pertinence critique d’une association conceptuelle et pratique du concept du ‘care’, du ‘prendre soin’ et des mémoires (post-)coloniales pour rendre un espace d’existence aux actions et traces de ces passés féminins. Par cette association, nous nous proposons d’étudier la démarche de documentation historique, d’archivage, et de travail mémoriel à partir des voix de femmes déportées et colonisées, dont peut être dépositaire une éthique du « prendre soin ». Il s’agira ainsi de travailler à l’émergence d’une entreprise mémorielle solidaire et hospitalière portée par ‘l’éthique du care’, afin de faire coïncider le déverrouillage de la ‘mémoire enchainée’ dont parle Francoise Vergès et une (re)fonte d’une société du commun apaisée. 

Lien de connexion ici