Séminaire d’équipe “Traduire le genre”

Descriptif

Ce séminaire mensuel, réunissant l’ensemble de notre laboratoire, mais ouvert à tou.te.s, met la notion de traduction – dans divers sens, linguistique bien sûr, mais aussi culturel et politique – au centre d’une réflexion sur les potentialités mais aussi les limites des études de genre en tant que champ de recherche à la fois transdisciplinaire et transnational. Pour étudier le transfert d’idées au-delà des frontières, le genre est en effet un exemple privilégié, tant les études de genre s’internationalisent. En outre, aujourd’hui, l’internationalisation des campagnes contre la (supposée) « idéologie (ou théorie) du genre » contribue à diffuser le mot bien au-delà du monde universitaire, ce qui nous engage à réfléchir à nouveaux frais à son impact social en même temps qu’à sa portée politique. Il convient donc de réfléchir en mobilisant la notion de traduction culturelle, comprise comme une théorie et une pratique qui révèlent les limites des discours hégémoniques et universalisants, aidant ainsi à « situer » la connaissance dans des contextes précis. Le « genre » n’est pas un concept qui peut être utilisé universellement, indépendamment des contextes, selon des paramètres préfixés ; au contraire, cette notion se trouve modifiée et enrichie lorsqu’elle est employée dans des contextes politiques et culturels divers et en particulier dans des langues différentes.

Ce séminaire posera un ensemble de questions. Comment différents contextes sociaux infléchissent-ils les multiples manières d’interpréter, de manier, de lire le genre ? Quels types de traduction politique et culturelle accompagnent-ils chaque franchissement des frontières géographiques, linguistiques ou disciplinaires ? Comment le genre se traduit-il (ou pas) dans différents contextes théoriques, que ce soit dans les sciences sociales, les études littéraires, la philosophie, les sciences dites « dures », etc. ?

Le séminaire se tiendra chaque mois, un vendredi de 16h30 à 18h30. Nous donnerons la parole à des invité·e·s, praticien·ne·s ou théoricien·ne·s de la traduction, dans divers domaines (lettres et philosophie, sciences sociales, arts, etc.).
La séance sera précédée d’une réunion interne sur les questions de vie du laboratoire, de 15h30 à 16h30.

Calendrier des séances

Le 5 octobre 2018 (Première séance)

Lieu : Université Paris 8, salle A217.

Atelier participatif de lecture et de traduction organisé par le Réseau Lectures féministes / Feminist Readings Network animé par Akila Kizzi et Heta Rundgren, précédé d’une présentation du séminaire.

Le 23 novembre 2018

Lieu : Univ. Paris-Nanterre, salle C206A (2d étage du bâtiment Zazzo – bâtiment C)

Séance animée par Akila Kizzi et Eric Fassin
Karima El Kharaze et Adriana Zaharijevic.

Le 7 décembre 2018

Lieu : Université Paris 8, Saint-Denis, salle G-01, Bâtiment G.

International Research Network – World Gender. 15h30-16h30 : Réunion du laboratoire
16h30-18h30 : Séance autour de l’IRN “World Gender. Traductions politiques et culturelles du genre et des études de genre”.
Intervenant.e.s : Helena González et Mònica Rius (Université de Barcelone), Ranjana Khanna (Duke University), Zohra Mezgueldi (Université Hassan II-Casablanca), Eric Prenowitz (University of Leeds), Tuija Pulkkinen (University of Helsinki), Marie-Claire Vallois (Cornell University)

Le 25 janvier 2019

Lieu : Paris 8, Salle G-02.

Marie-Dominique Garnier (LEGS) : « Traduction ou traducson ? Elements de traduction homophone à partir de deux textes (Gins, Keller Or Arakawa ; Woolf, Une chambre à soi) ») et Joana Masó (U. Barcelona) : titre à venir.

Le 22 février 2019

Lieu : Salle de conférences, CNRS- Ivry- 27 rue Paul Bert, 94204 Ivry-sur-Seine Cedex.

Sara Garbagnoli, Paris-3, co-autrice (avec Massimo Prearo) de La croisade anti-genre : Du Vatican aux Manif pour tous (Textuel, 2018)
David Paternotte, ULB, co-dir. (avec Roman Kuhar) de Campagnes anti-genre en Europe : Des mobilisations contre l’égalité (PUL, 2018)

Le 15 mars 2019 (Quatrième séance)

Lieu : Université Paris 8 (métro ligne 13 Saint-Denis Université), bâtiment C, salle C-06.
15h30-16h30 : Réunion du laboratoire
16h30-18h30 : Cette séance comporte deux interventions :

Manuela Salcedo (LEGS), Mathilde Cazaubon (interprète) et Guénaëlle Marquis (interprète) : « Genre et sexualité en traduction lors d’un entretien à l’OFPRA ».

Comment traduire une demande d’asile ? Comment se passe le travail d’interprétariat quand il s’agit de questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre (OSIG) ? Notre intervention portera sur la manière dont les interprètes en contexte migratoire traduisent la demande d’asile, qui est à la fois une demande de reconnaissance et d’hospitalité.
Katarzyna Lisowska (Université de Wrocław) : « La terminologie des études de genre polonais : l’exemple des études littéraires ». Cette intervention a pour but de discuter la terminologie des études des femmes, des études de genre et des études de sexualité polonaises, en se focalisant sur les études littéraires. L’analyse embrassera les termes scientifiques (par exemple « « littérature de femmes », « littérature féministe », « littérature gay », « littérature lesbienne », « gender / genre », « queer »), mais aussi les métaphores (par exemple celles du placard, du théâtre, du mouvement) qui constituent un aspect important des discours présentés.

Le 24 mai 2019

Lieu : Université Paris 8, salle G-02.
De 16h30 à 18h30.

Modératrices : Miléna Younès-Linhart et Heta Rundgren

« Comment traduire le genre et les féminismes entre pratiques militantes, littéraires et universitaires »
Table ronde avec Sophie Noyé (docteure), Aurore Koeschlin (doctorante), Kiyémis (écrivaine) et Jo Güstin (écrivaine, artiste-performeuse).

Le 2o septembre 2019

Lieu : Université Paris 8, Saint Denis, salle B 106. (à confirmer)
De 16h30 à 18h30. (à confirmer)

Avec deux interventions. Béatrice Fracchiolla : « Nommer et se nommer : approche linguistique de la question du genre en français » : Je propose ici de m’intéresser aux différents enjeux qui se jouent dans la manière de s’adresser à une personne selon son genre, en particulier dans le cadre légal et grammatical d’une conception binaire historique du genre (homme/femme) et de ses possibles évolutions. Quelles sont les implications et enjeux linguistiques présents dans la manière de nommer ? Je m’appuie plus particulièrement sur la théorie des actes de langage d’Austin, et les approches historiques du genre en français d’Eliane Viennot. Plus particulièrement, partant d’une demande de “féminisation” de la langue, aujourd’hui plus axée sur la “démasculinisation” autour de l’écriture inclusive, pourquoi l’idée d’une “reféminisation” pourrait-elle sembler plus juste ? Caroline Ibos : « La traduction de / du ‘care’ » résumé à venir.



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