Soutenances

Lucas Monteil

Vendredi 28 juin 2019 à 14 h à l’Université Paris 8 à Saint-Denis, à l’Espace Deleuze (bâtiment A, niveau 1).
Lucas Monteil soutient sa thèse de doctorat en science politique-études de genre, intitulée « L’Espace des désirs. Enquête sur la construction des homosexualités masculines en Chine post-maoïste ».

Membres du jury :

  • Tania ANGELOFF, Professeure, Université Paris 1 (rapporteure)
  • Sébastien CHAUVIN, Professeur associé, Université de Lausanne (rapporteur)
  • Éric FASSIN, Professeur, Université Paris 8 (directeur)
  • Jean-Louis ROCCA, Professeur, Sciences Po
  • Johanna SIMÉANT-GERMANOS, Professeure, ENS
  • Sylvie TISSOT, Professeure, Université Paris 8

Résumé de la thèse :

D’abord largement effacées de l’espace public chinois au terme de l’histoire singulière des significations dont l’amour de même sexe, mais aussi l’amour et le sexe en général, ont été investis au cours des efforts successifs de « modernisation » du pays, les formes de désir et d’amour homosexuels connaissent à partir du tournant de la décennie 1980 de nouvelles possibilités d’expression en Chine, dans un contexte de libéralisation économique et d’ouverture aux échanges internationaux placé sous le signe de la « modernisation ». Fondée sur une enquête conduite au long de six années dans les mondes homosexuels masculins de trois métropoles de Chine continentale, la thèse prend pour point de départ l’association qui en résulte, dans les discours tant ordinaires que savants, de l’homosexualité aux sujets supposés modernes : jeunes, issus des nouvelles classes moyennes et globalisés. Elle met d’abord en lumière l’existence de configurations distinctes d’homosexualité masculine en Chine post-maoïste, dont les formes socio-culturelles diffèrent selon leur position plus ou moins centrale ou périphérique dans un espace à la fois social, géographique, symbolique et trans/national en rapide transformation. Elle montre ensuite plus largement en quoi toutes les dimensions de ce que l’on peut nommer goût érotique – comment, quoi et qui aime-t-on, qu’est-ce qu’aimer veut dire, comment l’apprend-on et d’où cela vient-il ? – se développent et s’articulent de façon différenciée dans l’espace chinois des homosexualités et sont constitutives des processus sociaux, économiques et politiques qui caractérisent la Chine des réformes et de l’ouverture. La thèse conduit en définitive à un renversement de perspective, de la contextualisation du sexe à l’éclairage du contexte, qui revient, plutôt qu’à rechercher les traits des cultures « chinoise » ou « globalisée » dans l’homosexualité chinoise, à appréhender les transformations de la Chine, comme la mondialisation, à travers leur épaisseur sexuelle.

 

Josselin Tricou

Jeudi 6 juin 2019 à 14 h à l’Université Paris 8 à Saint-Denis, à l’Espace Deleuze (bâtiment A, niveau 1).
Josselin Tricou soutient sa thèse de doctorat en science politique-études de genre, intitulée « Des soutanes et des hommes. Subjectivation genrée et politiques de la masculinité au sein du clergé catholique français depuis les années 1980 ».

Membres du jury :

  • Catherine Achin, professeure de science politique, Université Paris-Dauphine, rapporteure
  • Céline Béraud, directrice d’études en sociologie à l’EHESS, rapporteure
  • Isabelle Clair, chargée de recherche en sociologie au CNRS
  • Éric Fassin, professeur de sociologie, Université Paris 8, directeur
  • Laurent Jeanpierre, professeur de science politique, Université Paris 8
  • David Paternotte, chargé de cours en sociologie, Université libre de Bruxelles

Résumé

Cette thèse se situe à la croisée de la sociologie du catholicisme et des études de genre. Elle prend pour objet la masculinité des prêtres à partir du modèle théorique de R. Connell. Dans un contexte de perte d’emprise de l’Église catholique au sein des sociétés occidentales, que redouble la démocratisation sexuelle qui s’y déploie, elle analyse les caractéristiques des masculinités cléricales à une triple échelle : les processus de subjectivation genrée des prêtres, les divers régimes locaux de genre dans un catholicisme fragmenté, et, enfin, les mobilisations émergentes autour des questions de masculinité au sein du pôle d’identité du catholicisme contemporain. La toile de fond de cette recherche est, en effet, la bataille entre les différentes fractions du catholicisme dont le genre est devenu un terrain privilégié.
La thèse analyse d’abord les effets d’une disqualification symbolique dans l’ordre du genre de la masculinité sacerdotale qui vient percuter un secret institutionnel bien gardé jusque-là, celui de la fonction de placard qu’avait l’institution cléricale. Or, loin que le discours actuel du Vatican contre l’homosexualité soit dissuasif, il a pour effet paradoxal d’attirer les candidats homosexuels au sacerdoce, alors même que la vocation a largement été désertée par les hétérosexuels après l’avoir été par les classes populaires. Elle analyse ensuite les efforts de l’appareil catholique pour contrer cette disqualification. Genre et sexualité sont ici pris dans une triple dimension : lieu d’expression du pouvoir au sein de l’institution, champ de luttes pour maintenir la position de l’institution au sein de la société et, enfin, objet de politiques mises en œuvre par ses agents.

Mots-clés : Genre – Masculinité – Homosexualité – Catholicisme – Clergé – Démocratie sexuelle

Heta Rundgren

Lundi 12 décembre 2016 à 14h, salle 312 de la bibliothèque à l’Université Paris 8.
Heta Rundgren soutient sa thèse : « Vers une théorie du roman postnormâle. Féminisme, réalisme et conflit sexuel chez Doris Lessing, Märta Tikkanen, Stieg Larsson et Virginie Despentes ». Sous la direction des Professeures Anne Emmanuelle Berger (Paris 8) et Tuija Pulkkinen (Université de Helsinki)

Membres du jury :

  • Claudia Lindén, Associate Professor in Comparative Literature, Södertörn University, Sweden.
  • Frédéric Regard, Professeur de littérature anglaise, Université Paris 4 – Sorbonne.
  • Denise Riley, Professor of Poetry and History of Ideas, University of East Anglia, UK.
  • Tiphaine Samoyault, Professeure de littérature comparée, Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle.

Résumé de thèse

Entre littérature comparée et études de genre, cette thèse vise à théoriser ce que
j’appelle le roman postnormâle. A partir d’un corpus constitué d’un ensemble de
romans européens contemporains [The Golden Notebook de Doris Lessing (1962), Les Hommes ne peuvent être violés (1975) de Märta Tikkanen, la trilogie Millénium ou Les Hommes qui haïssent les femmes (2005-2007) de Stieg Larsson et Apocalypse bébé (2010) de Virginie Despentes], d’une part, et d’un corpus de textes théoriques, littéraires et féministes, d’autre part, j’analyse la façon dont le roman postnormâle reprend le discours social concernant la différence des sexes pour s’adresser à un large public, tout en déplaçant subtilement les conventions réalistes afin d’inscrire dans l’écriture l’expérience du conflit sexuel du point de vue des femmes, voire des lesbiennes.

Je procède en quatre étapes : j’étudie

  1. l’ancrage des romans dans un « réel réaliste » et la fonction du détail dans l’esthétique postnormâle ;
  2. le sociogramme du ‘féminisme’ dans les romans et leur réception ;
  3. le récit de ce que j’appelle le contre-viol ;
  4. l’inscription du désir-femme et la figuration, voire la constitution,
    d’un entr’elles.

Ma proposition de théorisation du roman postnormâle s’inscrit dans une perspective postmoderne : elle implique de suspendre, sans toutefois l’ignorer, la double question de la littérarité et de l’évaluation des oeuvres, au profit d’une étude de l’objet littéraire en contexte. Enfin, du point de vue de la théorie féministe, ce travail ambitionne de repenser les liens entre les notions de féminin et de queer, à l’aune des théories féministes et lesbiennes contemporaines.

Akila Kizzi

Lundi 21 novembre 2016 à 10h à la salle des thèses, Espace Deleuze Bâtiment A, premier étage, Université Paris 8 Saint-Denis.
Akila Kizzi soutient sa thèse : « L’accord im/possible. Ecriture, prise de parole, engagement et identités multiples chez Marie-Louise Taos Amrouche »,

Résumé

Cette thèse se propose de rendre compte de l’œuvre de Marie-Louise Taos Amrouche (1913-1976) comme prise de parole, engagement et écriture des identités multiples. Pour faire ressortir de nouveaux aspects en lien avec la problématique de la parole des femmes par l’écriture, une analyse socioculturelle contextualisée et historicisée est privilégiée. L’enjeu est de montrer comment la carrière d’Amrouche, de sa venue à l’écriture à sa projection dans le paysage littéraire français, est traversée par des obstacles liés aux origines et au genre. Une approche intersectionnelle permet notamment de (re)penser les différentes dominations – la discrimination de genre et de « race » et la problématique des identités plurielles – sans les hiérarchiser et en mettant à jour les mécanismes d’oppression et les stratégies de résistance du sujet écrivant.
Pionnière sur l’écriture de sujets sensibles à son époque, Amrouche n’est pas seulement écrivaine mais également cantatrice des chants berbères. Cette thèse démontre, par ailleurs, comment l’écriture et le chant se font simultanément et traduisent le même besoin celui d’accord entre : la prise de parole d’une femme « indigène » sous la colonisation, la recherche des origines berbères et la part de l’héritage chrétien et français. Est particulièrement mise en lumière la façon dans laquelle Amrouche devient un sujet hybride résultant de plusieurs identités créées par l’Histoire coloniale et postcoloniale : elle refuse de choisir entre les identités multiples, ne voulant en brader aucune au profit d’une autre. La recherche d’un accord im/possible ressort ainsi comme la métaphore privilégiée pour qualifier ses luttes et son écriture.

Mots clés : Ecriture, parole, genre, intersectionnalité, Kabylie, chants, identité.

Membres du jury :

  • Dora Carpenter- Latiri, Senior Lecturer, University of Brighton
  • Mounira Chatti, Professeure, Université Montaigne Bordeaux, TELEM
  • Daniela Merolla, Professeure, INALCO, CNAD
  • Marta Segarra, Directrice de recherche au CNRS, LEGS
  • Nadia Setti, Professeure, Université Paris 8- LEGS (directrice de recherche)
  • Sonia Zlitni-Fitouri, Professeure, HDR, Université de Tunis

Kamila Bouchemal

Mardi 29 mars 2016 à 09h30 au site Pouchet du CNRS.
Kamila Bouchemal soutient sa thèse en Etudes de genre / Littératures comparées : « Epistémologies et écritures du corps postcolonial dans les œuvres de Gisèle Pineau, Malika Mokeddem et Jamaica Kincaid. ».

Membres du jury :

  • Nadia SETTI (Directrice de recherche)
  • Seloua LUSTE BOULBINA
  • Jean-Marc MOURA
  • Andrée-Anne KEKEH-DIKA
  • Natalie MELAS
  • Françoise SIMASOTCHI-BRONES