Colloque International : De la démocratie au Brésil – Violence et politique

Colloque International : De la démocratie au Brésil – Violence et politique
Les 28 et 29 juin 2022 / 09h30-20h15 / Auditorium et en ligne
Inalco, 65 rue des Grands moulins, 75013, Paris

Ce colloque entend revenir sur les quatre années qui questionnent les fondements démocratiques de la société brésilienne. À la veille des élections générales, il propose une réflexion sur les remises en cause des principes et des rouages démocratiques et fait le point sur les nouvelles formes de résistance. Il donne  la parole à des chercheur·es  mais aussi à des acteur·ices de la société civile brésilienne, à travers une série d’éclairages sur les violences et la démocratie.

O colóquio “Sobre Democracia no Brasil” pretende olhar para os últimos quatro anos nos quais os fundamentos democráticos da sociedade brasileira estão sob suspeita. Na véspera das eleições gerais, este colóquio propõe uma reflexão sobre os desafios colocados aos princípios e mecanismos democráticos e faz um balanço das novas formas de resistência. Dá a palavra a pesquisadores e atores da sociedade civil brasileira, através de uma série de aspectos do conflito entre violência e democracia.
 
Sobre Democracia no Brasil
 
Organisation en France :
 
Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky, Professeur d’anthropologie, INALCO, CESSMA, Institut Convergences Migrations
Marcia Tiburi, Professeur de philosophie, artiste, écrivain, Université Paris 8- LLCP, programme PAUSE
Eric Fassin, Professeur de sociologie et d’études de genre, Université Paris 8-LEGS, IUF, Gênero ameça(n)do : projet CAPES – COFECUB

Partenaire scientifique au Brésil :
Renata Costa Moura (Professora, psicologa, UFF, Núcleo Gestor da Cátedra Sérgio Vieira de Mello de UFF) 
 

 PROGRAMME
 
Mardi 28 juin 2022
 
 
9h30- Accueil et café
 
10h -Ouverture- Marie-C. Saglio-Yatzimirsky, Éric Fassin
 
10h30 – Keynote
 
Marcia Tiburi – Pourquoi parler de fascisme ?
Caractéristiques et évolution de l’autoritarisme dans le Brésil contemporain
 
11h – Table Ronde 1- État des lieux : démocratie en crise
 
Maud Chirio  (ACP-UPEM) – Militarisme et violence d’État  
 
Silvia Capanema (Université Sorbonne Paris Nord) – Violence de l’héritage historique, devoir de mémoire
 
Diogo Sardinha (Centre de philosophie de l’Université de Lisbonne) – Pour la cause des différences anthropologiques  
 
Rosana Pinheiro Machado  (Université de Bath) – A renovação do bolsonarismo e as alternativas à crise atual
 
Deisy Ventura (Professora em Saúde Pública, Universidade de São Paulo) – Bolsonarisme et pandémie
 
 
12h30-14h- Buffet sur place
 
14h – Table Ronde 2-  Gênero e Sexualidade / Genre et sexualité – en portugais
 
 
Présentation : Éric Fassin
 
Anna Uziel (Professora de psicologia, Universidade do Estado do Rio de Janeiro, UERJ, CAPES – COFECUB)- O nós e os outros da Damares: que vidas realmente importam?  
 
Jan Freitas (Doutora em antropologia social, UFRGS, Pós-doutoranda LEGS/ Paris 8 / CAPES – COFECUB) –  ’A gente vai sem S’ – família e neoconservadorismo nas políticas do MMFDH
 
Marina Duarte: (Doutora em História, Université Paris Cité, Professora de história, Universidade UFMG)- A campanha contra as políticas de prevenção do HIV e da Covid-19 no governo Bolsonaro
 
Diego Paz (Doutor em sociologia e estudos de gênero, Paris 8 – LEGS)- Subjetividades LGBTQIA+ e bolsonarismo quatro anos depois
 
Taciana Brito (Psicóloga, Doutoranda em sociologia/ciências políticas, Paris 8 – LEGS, membra fundadora do Coletiva Marielle Franco- Paris e membra do Coletivo Mulheres na Resistência – Femmes de la Résistance – Paris) – Resistência feminista ao governo Bolsonaro desde o movimento “Fora Bolsonaro”
 
16h15 – Pause café  
 
16h45- Table Ronde 3- Question raciale et migration 
 
Michel Agier (Directeur de recherches EHESS, IRD, ICM, anthropologue ) –
« Le Brésil n’a pas de problème avec l’hospitalité, son problème c’est le racisme». Quand le « racisme cordial » (re-)devient violent 
 
Miriam Debieux (Professora de psicólogia, psicanalista, USP) – Violências e política : ódio e  sofrimento sociopolítico como estratégias de poder
 
Kowawa Apurinã (Purus, Amazonie, Institut Pupykary, activiste, UFF ) – A guerra de Bolsonaro contra os povos indígenas 
 
Suzette Lima Kourliandsky (Presidente da ALMAA, UERJ/ doctorante Université de Picardie Jules Verne) – Mulheres negras e luta política
 
18h15 – Cocktail
 
19h – Projection
 
Encantando, Le Brésil désenchanté – (55 mn, 2018) en présence du réalisateur Filipe Galvon 
 
 
 
Mercredi 29 juin
 
 
9h30 – Table ronde  4 –  Médias  : l’exil à l’ère numérique 
 
Jean Wyllis  (Député fédéral 2010-2019, Université de Barcelone) –  A indústria da desinformação e a mídia a serviço da extrema-direita (en visio)
 
Luciana Rodrigues Gransotto (Ciências Humanas, UFSC, Pós-doutorado, LEGS/Paris 8, CAPES-COFECUB) – Militar e resistir fora do Brasil: mulheres brasileiras em Paris
 
10h15 – Pause café  
 
10h30 –   Table ronde  5 – Idéologie, religion et extrémisme de droite
 
Marcia Tiburi – Machisme, nazifascisme et kiriarchie : la scène du mâle hystérique comme capital politique et religieuse à l’ère du spectacle 
 
Lucas Bulgarelli (Universidade de São Paulo, Doutorando em anthropologia, Institut Matizes) – A produção de repertórios e sentidos no espraiamento da noção de “ideologia de gênero” no Brasil
 
Juliana Coelho (Universidade de São Paulo, CMH) – Quelques réflexions sur la théâtralité et les performances de la droite radicale brésilienne
 
12h45-14h- Buffet sur place
 
 
14h – Table ronde 6 –  Questions environnementales et pandémie
 
Larissa Bombardi (Université libre de Bruxelles) – Enveneamento molecular
 
Maria Alice Mendonça (Professeure de l’Université fédérale de Viçosa (UFV) et membre du programme doctoral en extension rurale et Isabelle Hillemkamp (IRD, CESSMA) – A ofensiva mercantil do governo Bolsonaro sobre a natureza: implementação e conflitos locais a partir de uma perspectiva de gênero.
 
Ceres Karam Brum (Professeure, sciences sociales, UFSM) – Populisme et handicap au Brésil
 
 
16h – Pause café  
 
16h30- Projection  
 
Un poète en Amazonie, (82 mn, 2021) en présence du réalisateur José Huerta
Animation-  Aurélia Michel (Maître de conférences en histoire, CESSMA, Université Paris Cité)
  
 
18h15-  Clôture  du Colloque –
 
Renata Costa Moura : perspective de collaboration sur les droits humains et le refuge  
Marcia Tiburi, Éric Fassin, Marie-C. Saglio-Yatzimirsky
 
 
18h45- Cocktail 

 
 
Argument
 
En 2018, après la destitution de Dilma Rousseff, l’ancien président Lula ayant été écarté par la justice, les élections générales au Brésil portaient au pouvoir un président d’extrême droite. L’effet de surprise passé, l’analyse des multiples « crises » à la fois économique, sociale et politique que traversait le Brésil depuis 2014, ne permet que partiellement d’expliquer ce résultat (S. Souchaud, 2018). En effet ces crises, lorsque leurs mécanismes sont déconstruits, ne montrent pas forcément des failles mais aussi des aspirations sociales et des options politiques. Le néolibéralisme promu par le gouvernement de Bolsonaro, ainsi que l’annulation des droits sociaux et de l’État démocratique, menant la négligence comme une politique concernant les questions environnementales, définit une politique de destruction du pays.
 
Le régime repose sur une « économie morale » conservatrice, issue d’une conception militaire de l’ordre social, qui s’appuie sur les valeurs religieuses et de puissantes affiliations évangéliques et méprise les droits d’une partie de la population. Les populations noires, indigènes et LGBT sont pensées comme non-citoyennes. La pandémie a largement aggravé un environnement mortifère, marqué par le renforcement des inégalités et de la pauvreté. Cette politique de classe, de race et de sexe aura fait du Brésil sous Bolsonaro le laboratoire intersectionnel du néolibéralisme (Fassin, 2019). 
 
Quatre ans plus tard, à la veille de nouvelles élections générales, le Brésil a-t-il les moyens d’engager «  le travail de mémoire » sur son histoire récente marquée par les épisodes de populisme et d’autoritarisme ? Que disent les formes de violences récentes (Cusset, 2018), oppressions sociales, destructions écologiques, mais aussi tueries de masse orchestrées par les forces policières (massacre de Jacarezinho, 6 mai 2021) ou les lynchages (meurtre du jeune congolais Moïse Kabagambe, 24 janvier 2022) de l’atteinte profondes des institutions démocratiques ?
 
L’objectif de ce colloque est de réunir des chercheurs et acteurs du monde intellectuel français et brésilien, dont certains en exil, et d’engager une réflexion sur la crise politique et morale brésilienne. Organisé par trois importants laboratoires brésilianistes français (LEGS, LLCP, CESSMA- mondes américains), organisé par trois chercheurs qui travaillent sur et avec le Brésil, soutenu par le GIS Institut des Amériques, il a pour particularité de fédérer une très grande partie des intellectuels brésiliens, l’ensemble des instituts français travaillant sur le Brésil contemporain et de proposer une manifestation visible à un moment clé de la vie politique brésilienne. 
 
Le colloque sera diffusé en direct (streaming) pour permettre le lien avec les collègues au Brésil, avant de déposer les enregistrements sur HAL. Une publication est prévue. L’événement se tiendra indifféremment en français et en portugais brésilien. 
 
 
 
Proposta
 
 
Em 2018, após o golpe contra Dilma Rousseff e a prisão ilegal do ex-presidente Lula em um caso de comprovado lawfare, as eleições gerais no Brasil levaram ao poder um presidente de extrema-direita. Uma vez terminado o efeito surpresa, a análise das múltiplas “crises” econômicas, sociais e políticas pelas quais o Brasil vinha passando desde 2014 explica apenas parcialmente este resultado (S. Souchaud, 2018). De fato, estas crises, quando seus mecanismos são desconstruídos, não mostram necessariamente falhas, mas também aspirações sociais e opções políticas. O neoliberalismo promovido pelo governo de Bolsonaro, juntamente com o cancelamento dos direitos sociais e do Estado democrático, levando a cabo o descaso como política no que se refere às questões ambientais, define uma política de destruição do país.
 
Este regime é baseado em uma “economia moral” conservadora, derivada de uma concepção militar da ordem social, que se baseia em valores religiosos e filiações evangélicas poderosas e desrespeita os direitos de uma parte da população. As populações negras, indígenas e LGBT são vistas como não-cidadãos. A pandemia tem exacerbado em grande parte um ambiente mortal de crescente desigualdade e pobreza. Esta política de classe, raça e gênero terá feito do Brasil sob o governo de Bolsonaro o laboratório intersetorial do neoliberalismo (Fassin, 2019).
 
Quatro anos depois, na véspera de novas eleições gerais, o Brasil tem meios para realizar um “trabalho de memória” sobre sua história recente marcada por episódios de populismo e autoritarismo? O que dizem as formas recentes de violência (Cusset, 2018), opressão social, destruição ecológica, mas também assassinatos em massa orquestrados pelas forças policiais (massacre de Jacarezinho, 6 de maio de 2021) ou linchamentos (assassinato do jovem congolês Moïse Kabagambe, 24 de janeiro de 2022) sobre o profundo enfraquecimento das instituições democráticas?
 
O objetivo deste colóquio é reunir pesquisadores e atores do mundo intelectual francês e brasileiro, alguns dos quais estão no exílio, e engajar-se em uma reflexão sobre a crise política e moral brasileira. Organizado por três importantes laboratórios brasileiros franceses(LEGS, LLCP, CESSMA – mundos americanos), organizado por três pesquisadores que trabalham no e com o Brasil, e apoiado pelo GIS Institut des Amériques, tem a particularidade de reunir um grande número de intelectuais brasileiros e todos os institutos franceses que trabalham sobre o Brasil contemporâneo, e de propor um evento visível em um momento chave da vida política brasileira.
 
O colóquio será transmitido ao vivo (streaming) para permitir a conexão com colegas no Brasil, antes de depositar as gravações no HAL. Está prevista uma publicação. O evento será realizado em francês e em português do Brasil.

Le programme du colloque